Yoga – Les origines

L’Inde est la terre d’origine du yoga : son histoire est étroitement liée à celle de la civilisation indienne. C’est une discipline élaborée depuis la plus lointaine antiquité pour aider les êtres humains à traverser la souffrance, et trouver l’unité et la joie dans leur corps et leur âme. Le yoga fait partie de l’un des six systèmes philosophiques majeurs de l’Inde (qui reconnaît l’autorité du Veda). C’est un des darshana, (terme qui veut dire porter un regard sur le monde, école de pensée, voie de la connaissance). Ils sont groupés par paires théorique vs pratique : nyāya et vaiśesika, sāmkhya et yoga, mīmāmsā et vedānta.

Le Nyāya est le point de vue logique, dont la méthode est la dialectique. Le Vaiśeṣika est le point de vue de la distinction, dont la méthode est l’expérience des sens.

Le Sāṃkhya est le point de vue psycho-cosmologique, dont la méthode est la spéculation intellectuelle. Le Yoga est le point de vue psychologique ou psychique de l’identification qui est lié à la perception et à l’intuition du monde subtil et dont la méthode est le contrôle du mental, des sens et des facultés internes. Ce point de vue est exposé dans les Yoga Sūtra de Patañjali.

La Mīmāṃsā est le point de vue théologique et herméneutique de la réflexion, dont la méthode est l’étude et la recherche dans les Écritures sacrées et de la révélation. Le Vedānta est le point de vue métaphysique, dont la méthode est la spéculation abstraite. Ce point de vue se base sur les Upaniṣad, la Bhagavadgītā et le Brahma Sūtra. Il admet la maya : l’illusion et la non-dualité comme principes et est très répandu en Inde.

Les cinq grandes «voies»

Le Yoga, comme l’acupuncture chinoise repose sur une théorie vitale encore mal comprise en occident. Elle relie l’homme, ainsi que tous les êtres vivants, au rayonnement solaire et aux énergies terrestres. L’énergie circule dans un réseau de canaux, les Nadis (méridiens de l’acupuncture chinoise) et de centres (chakras) qui lui sont propres bien que très proches de l’anatomie du système nerveux. Le yoga est donc devenu, particulièrement en Occident, une discipline visant, par la méditation, l’ascèse morale et les exercices corporels, à réaliser l’unification de l’être humain dans ses aspects physique, psychique et spirituel. Il s’est diversifié selon les contextes dans lesquels il est pratiqué, mais reste un « chemin » subtilement équilibré entre effort et abandon.

On peut donc en distinguer :

   1.  Tout d’abord, le karma-yoga, ou « yoga de l’action désintéressée ». Il accompagne l’être humain dans sa vie quotidienne, en l’aidant à poser les principes de l’« acte juste », ou « désintéressé »

2.  Le jnâna-yoga , ou « yoga de la connaissance libératrice ». Il affine l’intelligence la plus subtile, celle des réalités considérées comme au-delà du naturel.

Il comporte quatre principes:

Viveka – Discrimination : Viveka est la forme la plus pure de la connaissance. Il peut aussi être décrit comme l’autorité suprême de notre conscience.

Vairagya – Renoncement : Vairagya signifie se libérer soi-même intérieurement de tous les désirs et plaisirs terrestres et possessions.

Shatsampatti – Les six trésors : Shama – retrait des sens et de l’esprit.

Mumukshtva- Quête constante de Dieu : Mumukshtva est le désir brûlant dans le cœur de réaliser le Tout et de s’unir à Lui.

3.  Le bhakti-yoga   ou « yoga de la dévotion ». On le rencontre aussi associé à des courants éthiques, religieux ou spirituels, à l’intérieur de l’hindouisme ou du bouddhisme, où il permet de se rapprocher de la divinité.

Il comprend les étapes :

Yama : les 5 règles de vie dans la relation aux autres : 1.ahisma : maîtrise, refrènement : non-violence, non-nuisance; 2.satya : véracité, impartialité; 3.asteya : non vol, honnêteté, probité; 4.brahmacharya : continence; 5.aparigraha : non-possessivité.

Niyama: les 5 règles de vie dans la relation avec soi-même : 1.pureté; 2.contentement; 3.discipline, intensité de la pratique; 4.effort ascétique, récitation de mantra, de textes sacrés, connaissance de soi; 5.abandon au divin.

4.  Le hatha-yoga , ou « yoga de l’énergie ».  Le but du Hatha Yoga est de nous permettre de saturer en énergie les dualités gauche/droite, lunaire/solaire, pour que l’énergie assoupie dans le centre d’énergie de la base (Mula Bandha) s’éveille. Cette énergie se nomme Kundalini. Donc le Hatha Yoga est un Yoga axé sur l’éveil de Kundalini qui apportera l’illumination, l’éveil et la connaissance (jnana) profonde de l’existence, du manifesté, du non manifesté et de l’observateur des phénomènes, l’Esprit (Samkhya).
Il est basé sur la pratique de :

Yama et Niyama

Âsana : postures (statiques et tenues relativement longtemps), se tenir tranquille de façon stable qui procède d’un équilibre entre tendances opposées (la rigueur et le lâcher prise).

Prânayâma : maîtrise du souffle, relevant autant de l’art respiratoire que de la conscience de l’énergie, qui est une des grandes clés du Yoga dans son ensemble.

        Si ces quatre premières étapes relèvent principalement de l’aspect extérieur de la discipline, les suivantes nous plongent   directement au cœur de l’intériorité. 

Pratyāhāra : l’écoute sensorielle intérieure qui consiste à sélectionner les informations transmises au cerveau par nos perceptions, à ne pas se laisser envahir par l’image du monde ou les influences qui nous viennent de l’extérieur, (harmonisation ou retrait des sens).

Dhâranâ : concentration active du mental qui consiste à fixer le mental sur un objet ou un objectif précis, à développer son énergie, son attention, sa présence par des techniques appropriées.

Yoga Nidra – premier niveau – (relaxation), pratique de concentration / méditation / contemplation

5.  Le  raja-yoga, ou « yoga royal ou intégral » regroupe les quatre précédents, c’est la voie où toute les possibilités de l’être humain sont réunies et explorées. Il vise directement l’éveil de l’énergie de la Kundalini et favorise le potentiel de chaque individu. Une fois le Hatha-Yoga acquis, l’étude du Raja-Yoga, basée sur la construction d’une relation heureuse au corps, sur le développement d’un ressenti des organes, des structures corporelles et des structures énergétiques, peut commencer. Ainsi que l’étude des techniques de Yoga-Nidra du deuxième niveau ( dhyāna & samādhi).

Le Raja Yoga s’articule traditionnellement autour de quatre pratiques:

Prathyâhâra : l’écoute sensorielle intérieure

Dhâranâ : le pouvoir de concentration.

Dhyâna : la méditation qui consiste à clarifier le conscient, à rendre toute sa limpidité au miroir mental, toute sa vivacité et ses couleurs à l’âme du yogi. La réintégration de la conscience corporelle dans le kundalini yoga et la conquête de la véritable identité dans la Méditation conduisent tout naturellement à la rencontre avec l’être spirituel, le soi, en Samadhi.

Samâdhi : l’«état d’unité», l’entase, ou état d’union réalisé entre le Soi (âtman) et l’Absolu (brahman) ou encore disparition de l’illusion d’une différence entre le Soi et l’Absolu.  Il permet le lâcher prise. Le samādhi repose essentiellement sur une modalité de la conscience, capable de s’identifier totalement avec l’objet de la méditation. Il existe plusieurs étapes de concentration où les fluctuations mentales diminuent, lorsqu’en fait la focalisation des pensées va se porter sur un point très précis.

6.   Par ailleurs, le tantra-yoga, stimulation de diverses énergies (essentiellement féminines et masculines) cherche à abolir des blocages intérieurs.

Les yogas indiens sont donc très variés; autant de maîtres, autant d’interprétations d’une base commune faite de postures, d’exercices respiratoires, de techniques de concentration, de méditation. Pendant des siècles, les Indiens ont découvert et affiné de nombreux moyens pour parvenir à la sérénité. Cela peut aller de la simple détente jusqu’à une recherche spirituelle intense, aspirant à ce que l’on appelle la « libération » (le Laya-Yoga, par exemple, dans lequel l’adepte recherche la fusion, l’absorption de son soi individuel avec le Soi universel). Le Yantra Yoga est la forme tibétaine du Hatha Yoga indien. Sa technique est originale à bien des égards et sensiblement influencée par les connaissances énergétiques chinoises.

Le corps vu d’un point de vue yogique

Le Samkhya distingue deux états de la nature :

– à l’état non manifesté, elle se comporte comme un ensemble de forces productrices non actualisées, c’est la Nature originelle.

– elle se manifeste ensuite en produisant d’abord le principe de la pensée, puis le moi, le corps subtil transmigrant, les organes sensoriels et le reste.

Toutes les choses produites par la nature, donc les fonctions psychologiques en l’être humain, sont composées de trois qualités dans une plus ou moins grande proportion :

la disposition à la clarté et au Bien (plaisant)

la disposition à l’action et au désordre (déplaisant)

la disposition qui tend à obscurcir (trompeur)

Dans la pratique du yoga, on distingue – cette catégorisation est propre à Yogi Bhajan – :

Les « Dix Corporéités »

Dans la philosophie du Kundalini Yoga, on retrouve cette composition de l’humain selon des plans distincts de « substances vibratoires », que l’on peut traduire par enveloppe ou corps, qui sont des aptitudes puissantes du psychisme avec chacun des dons spécifiques se manifestant quand ils sont forts, et certaines faiblesses qui font surface quand elles sont faibles.

L’âme (âtman) : liée à l’expérience de spiritualité, à l’expression de notre cœur. Notre âme est l’expression individuelle de l’Esprit, ce corps nous connecte à notre propre infinité.

Le mental. Le fonctionnement de notre mental peut être divisé en trois aspects de base :

Le mental négatif / protecteur qui aide à donner forme, à trier les éléments importants et chercher ce qui est faux.

Le mental positif / projectif qui aide à considérer les choses de manière positive et à avoir recours à ses propres ressources; il est responsable d’une forte volonté et donne la force de réaliser ses projets.

Le mental neutre / méditatif qui aide à évaluer les informations reçues du mental positif et négatif et nous sert de guide dans la vie. Très intuitif et sans à priori, cet aspect mental nous permet de nous relier à notre âme.

5. Le corps physique est considéré comme le temple qui héberge les 9 autres corporéités.           C’est notre présence concrète sur terre, nécessaire pour expérimenter l’existence humaine.

6. L’énergie spirituelle qui comprend :

L’aura qui est le champ électromagnétique autour de notre corps physique, et qui fonctionne comme un écran protecteur. Une forte aura donne ainsi qu’aux personnes qui se trouvent dans l’entourage, un sentiment de sécurité.

Le halo qui est considéré comme le noyau de notre aura. Il est responsable de notre force projective. Ce corps nous donne la force de focaliser, de rester concentré et de méditer.

L’énergie prânique (prâna : le souffle vital) qui est constamment nourri par la respiration. Un corps prânique fort donne de l’énergie pour accomplir ses buts personnels.

L’ « être » subtil ou symbolique qui est intimement lié à l’âme. Cet être subtil peut être perçu comme la peau de l’âme, et se décompose en trois enveloppes : l’aspect physiologique, l’aspect psychologique et l’aspect cognitif. Au moment de la mort, ce sont le corps subtil et l’âme qui quittent le corps physique.

Le moi rayonnant, fait de félicité et de joie, qui est celui qui exprime la noblesse et le courage. L’attitude qui s’exprime par cette nature est celle d’une action sûre et rayonnante.

La méditation, la pratique du yoga et du Prânayama aident à équilibrer ces 10 corporéités entre elles. Pour combler la fragilité d’une des corporéité, il est judicieux de choisir une pratique adaptée qui permet de remédier à cette faiblesse.

Le Prâna

Le Prâna (le Chi en Chine) représente la force vitale et est l’énergie qui nous anime au-delà de notre force musculaire. C’est cette énergie qui revitalise, qui porte à travers les moments difficiles. Le Prâna avec P majuscule se subdivise en 5 différentes catégories appelées Vayus. Les deux qui nous intéressent principalement sont :

prâna (avec p minuscule) qui se situe dans la région de la poitrine. Cette énergie est vitalisante, énergisante, positive.

apana qui réside dans la région des intestins. Cette énergie est nécessaire à l’élimination des toxines, et donne la capacité de savoir ce qu’il faut retenir, ce qu’il faut lâcher.

Ce sont principalement ces énergies subtiles qui sont travaillées lors de la séance de Yoga et qui apporteront des changements définitifs dans la façon de la perception du corps et son fonctionnement. Le yoga vise des lors à une énergétique spécifique : maîtriser la topographie énergétique et mettre en œuvre, par des moyens à la portée de l’être humain, une néguentropie au plan du corps énergétique.

Les Nadis

Notre corps gère plusieurs systèmes : circulatoire, lymphatique, nerveux, endocrinien etc. Un système moins connu est celui des nadis (qui correspondent approximativement à celui des méridiens dans la médecine chinoise). Ces canaux transportent l’énergie prânique à travers notre corps.

Selon l’enseignement yogique, il existe 72.000 nadis, dont 72 sont plus importants. Ces nadis rayonnent depuis le centre du nombril, à environ trois doigts au-dessous du nombril et se présente comme un réservoir d’énergie. Parmi les nadis les plus importants figurent le canal central « Sushumna » qui monte le long la colonne vertébrale et « Ida » et « Pingala », qui montent à droite et à gauche de la Sushumna. Ida (à gauche) est chargée de l’énergie d’apana. Pingala (à droite) est chargé de l’énergie prânique. C’est le long de la Sushumna, que les chakras se trouvent à des emplacements plus au moins fixes.

Le Pranayama, exercices de respiration

La pratique de Prânayâma est basée sur un ensemble remarquable de techniques respiratoires ainsi que sur une prise de conscience de la réalité de l’énergie. Elle développe la respiration et harmonise l’influence de l’énergie nerveuse, donc du mental,surlecorps. Elle est particulièrement reposante et revitalisante.

Les Bandhas

Les ligatures ou fermetures appelées bandhas sont très importants dans la pratique du Yoga. Il existe trois bandhas qui verrouillent l’énergie au sein du corps lors de la pratique des āsana et du pranayama. Un bandha est une contraction de groupes musculaires profonds dans le but d’activer le Prâna. Ils se localisent en trois niveaux du buste :

Jalandhara Bhanda : compression de la gorge par inclinaison de la tête ;

Uddiyana Bandha : le ventre est rentré par expansion de la cage thoracique ;

Mula Bandha : les muscles du périnée sont contractés pour fermer la base du tronc.

Ils sont utilisés pour canaliser l’énergie (prâna) vers le haut à travers le canal central, Sushumna, ceci grâce à des contractions musculaires très précises. Pour bien maîtriser les bandhas il faut les pratiquer régulièrement afin que la musculature se forme et que la coordination se fasse.

Les Drishti

Ce sont les points de fixation du regard. À chaque posture, un point du regard est associé. Le respect de ces points de regard centre l’esprit et favorise ainsi une meilleure concentration. Ils sont particulièrement importants pour le développement d’autres aspects du yoga tel que dhâranâ (concentration) et dhyâna (méditation).

Enfin la bonne application des drishti permet de bien aligner le corps lors de chaque position.

Les Chakras (« roues » ou « cercles »)

La circulation de l’énergie et du souffle vital (le prana) qui nous anime se fait à travers les nexus énergétiques (ensembles complexes de nerfs, de vaisseaux, de centres énergétiques), les chakras, qui reçoivent, transforment et distribuent l’énergie. Il s’agit de les ouvrir à ces influx grâce à un travail conscient sur la respiration. Le corps physique transforme celle-ci en courants d’énergie vers le ciel, la terre et l’environnement. Ces courants ont un réel impact sur l’être humain tant au niveau de la conscience et du psychisme que de la santé. Les diriger consciemment permet, selon la philosophie hindoue, d’acquérir une stabilité mentale et un état intérieur qui rendent réceptifs aux perceptions extra-sensorielles et spirituelles. Un travail de visualisation est aussi engagé, destiné à ouvrir les « lotus », placés au niveau de chaque chakra.

Notre énergie prânique possède ainsi plusieurs « tourbillons » principaux d’énergie (ou vortex d’énergie – le terme vortex est utilisé pour désigner un mouvement tourbillonnaire de fluide ou de particules qui se situent le long de la colonnevertébrale, l’axe du monde, l’arbre de Vie. Nous en avons 7, 8 si nous comptons également notre aura. Chaque chakra est associé avec une couleur, un élément, des caractéristiques psychologiques

Le 1er chakra, leMuladhara, « chakra de la racine », est associé à la couleur rouge, l’élément Terre, et correspond au point nº1 du vaisseau conception (VC) soit entre l’anus et le scrotum. Il est en lien avec le métabolisme, le système lymphatique et la vessie. Il est lié aux glandes surrénales – détachement des choses terrestres.

Le 2° chakra, le Svadhishthana (hara en japonais, dan tian inférieur en chinois), « chakra sacré, siège du Soi », est le centre de l’énergie; il est associé à la couleur orange, l’élément Eau. Il est en lien avec les reins, l’appareil reproducteur, les intestins et le système immunitaire. Point maître du foyer inférieur (ming men), il régit l’activité des ovaires et des testicules (les gonades) – passion, colère, orgueil, jalousie / confiance Le 3° chakra, le Manipura (le plexus solaire), « chakra de l’abondance de joyaux » est relié au pancréas, associé à la couleur jaune, à l’élément Feu. Il a une action sur le foie et la vésicule biliaire ainsi que sur le système digestif (estomac). Point maître du foyer médian. – libère de la maladie –

Le 4° chakra, l’Anahata « chakra du cœur », est en lien avec le cœur, le système circulatoire les poumons et le thymus, associé à la couleur verte. Le lien avec le thymus est important pour le travail avec les enfants car cette glande s’atrophie rapidement avec l’âge, il a pour fonction la production des lymphocytes au début de la vie. Point maître du foyer supérieur. – le stress, l’angoisse/harmonie affective –

Le 5° chakra, leVishuddha, « chakra de la gorge » est le centre du système respiratoire, en lien avec le fonctionnement de la glande thyroïde, associé à la couleur bleue et à l’élément Air. Il est important pour le fonctionnement du cou, de la voix et des mains – communication –

Le 6° chakra, l’Ajna, le « troisième œil« , situé sur le vaisseau gouverneur (VG) est le seul chakra qui n’a pas de point de correspondance avec les points du vaisseau gouverneur, associé à la couleur indigo . Cependant il est en lien avec l’hypophyse, et soutient la fonction des yeux et du système nerveux, il est le siège de l’intuition – intuition, discernement –

Le 7° chakra, leSahasrāra, « chakra couronne ou « lotus au mille pétales » ou du ciel » est en lien avec la glande pinéale (épiphyse), associé à la couleur violette et à la Lumière. Son action porte sur l’activité du cortex cérébral, il a une action importante sur la circulation de l’énergie dans le corps et sur les activités intellectuelles, la concentration et la mémoire. Il harmonise l’énergie Yang du corps. Il chasse la peur et conduit à la plénitude, à la réalisation du Soi. Il incarne la conscience cosmique, la suprême félicité; il est le centre de l’extase et de l’illumination; quand l’énergie pranique parvient à ce chakra, le yogi atteint alors le samâdhi.

Les trois chakras inférieurs forment le triangle inférieur, les trois chakras supérieurs le triangle supérieur et le chakra du cœur lie ces deux triangles. Pour les débutants il est toujours important de travailler d’abord le triangle inférieur afin de créer une bonne base énergétique. Cette énergie sera ensuite transformée et amenée dans les chakras supérieurs par les bandhas.

Salutation au soleil

Ashtānga Vinyasa Yoga

* Les principales composantes 

Les principaux composants de l’Ashtanga yoga sont:

Les Âsana (postures)

Les Vinyasa (respiration et mouvement) : pour chaque mouvement il y a une respiration profonde UJAI (contraction de la glotte, respiration « océanique »)

Les Bandhas (contractions internes)

Les Drishtis (directions du regard)

La Dhyâna (relaxation-intériorisation)

L’Ashtānga -Yoga s’exerce en trois étapes :

1. L’étape dynamique : Il s’agit d’une phase énergétique dont les résultats sont de nature physiologique. Elle implique un travail :

     – musculaire (élongation, compression et torsion)
     – articulaire
     – vertébral
   2. L’étape mentale. Il s’agit d’une phase d’approche intérieure de la posture dont les résultats sont de nature psycho-somatique. Elle implique un travail :
      – mental dans un conditionnement progressif et dirigé
      – d’intériorisation de la mécanique corporelle
   3. L’étape spirituelle. Il s’agit d’une phase de contemplation libératrice dont les résultats sont de nature psychologique. Elle implique un travail
     – de plongées concentratives successives et spécifiques vers les centres d’énergie pour aboutir à un état de vacuité
     – d’abandon du mental
Il est divisé en trois degrés :

1. le premier degré psychosomatique comprend les étapes suivantes :

phase préliminaire d’effets physiologiques

phase de maîtrise respiratoire avec oxygénation par ventilation accrue et concentration pour le contrôle respiratoire.

phase dynamique de prise de la posture avec apprentissage du schéma postural, travail musculaire et articulaire; action au niveau des racines nerveuses vertébrales; mécanique du mouvement; contrôle de la vitesse.

phase statique de la posture proprement dite comprenant :                                               – l’acquisition d’une détente musculo-articulaire suivie d’un état de détente général du corps grâce à un relâchement graduel de l’effort par libération du mental de la conscience du corps                                                                                                                     – l’analyse du seuil de la douleur

 2. le deuxième degré psycho-énergétique de pratique ésotérique du hata-yoga par concentration, avec dissolution progressive de la conscience de surface – conscience d’ego -, par  intériorisation ponctuelle puis globale et libération de la véritable nature de l’adepte immuable et lumineuse.
   3. le troisième degré psycho-mental de pratiques rituelles tantriques sous contrôle d’un guru, permettant l’accès à un état spirituel intangible, lieu d’union de la conscience individuelle avec la Conscience universelle.

Lorsque nous suivons systématiquement la voie du yoga, il prend dans notre vie une importance profonde. Intérieurement, il nous permet d’agir conformément à nos besoins, à nos intentions et aux valeurs qui nous sont les plus chères. Extérieurement, il nous apprend à renforcer notre corps, à détendre et à équilibrer notre système nerveux et à trouver la paix et la concentration sur un objet. En fin de compte, on dit que le yoga mène à la réalisation directe de notre nature véritable.

Les Âsanas
L’âsana doit en premier lieu assurer une stabilité physique maximale, procurant au corps une agréable sensation de confort afin d’être maintenu le plus longtemps possible, sans fatigue. Le corps devient concentré dans la position et la posture met fin à la mobilité inconsciente du corps.

Les âsanas s’articulent autour de quelques grands axes :

L’éthique de vie – non violence, conscience juste, patience, sobriété notamment diététique, pureté intérieure et extérieure, modestie – (yama)

La mécanique du mouvement, le contrôle de la vitesse, le contrôle du seuil de la douleur, l’unité du corps, une dynamique, un tonus et un rythme (asana)

Le développement respiratoire (pranayama)

L’attitude mentale de neutralité sans jugement de valeur (pratyahara)

Chaque mouvement, tout au long de l’exercice, est intégré à l’inspiration ou à l’expiration. Cette technique de respiration croit connecter les aspects spirituels et physiques de l’ashtanga yoga, en donnant à une personne la possibilité d’atteindre une méditation plus profonde et de réaliser la meilleure clarté mentale. Ils permettent de réaliser une première unité car leur premier but est de permettre au corps d’être plus perméable à l’énergie : tout trouble du corps provient, dans la perspective yogique, d’un dérèglement de la circulation de l’énergie dans le corps. Ce dérèglement engendre des blocages.

Les âsanas agissent alors à deux niveaux :

au niveau énergétique car elles font circuler ou re-circuler l’énergie là où il y a blocage

au niveau physique, elles agissent sur la :

– souplesse et mobilisation articulaire;

                       – recherche de l’aplomb et de l’équilibre;
                       – harmonisation de la circulation générale et cérébrale en particulier;
                       – musculation générale, de la colonne vertébrale en particulier.

Chaque âsana se décompose en 11 phases distinctes et successive  et à ssocie la mécanique du corps, le contrôle de la vitesse et la synchronisation de la posture à l’estimation du seuil de la douleur, permettant la représentation de l’unité corporelle :

        1. L’édification du mouvement.
        2. L’appréciation de la mécanique corporelle. Il s’agit d’apprécier le mouvement du corps dans l’espace par son tonus, en portant son observation sur les structures mobiles de soutien telles que la colonne vertébrale, les articulations coxo-fémorales, scapulo-humérales,… dans la phase dynamique de la posture.
        3. Le contrôle de la vitesse d’exécution. Le contrôle de la vitesse s’attache à la phase dynamique de l’âsana et implique la régularité du mouvement ainsi que son ralentissement d’exécution, afin que l’observation mentale puisse être mise en place.
         4. L’estimation du seuil de la douleur.La douleur n’est plus définie seulement comme une sensation pénible reçue par une partie du corps d’un être sensible et transmise par les nerfs au cerveau (sensibilité nociceptive), mais comme un sentiment dépendant du contenu affectif et culturel de l’individu.
          5. L’exercice de la respiration. Une respiration contrôlée et rythmée, de qualité se définit par sa parfaite synchronisation avec le  mouvement (inspir/début; expir/fin), sa régularité, sa lenteur, sa profondeur, et son aisance.
           6. La représentation de l’unité du corps.
           7. L’équilibration du schéma postural. Au début de sa pratique, la représentation du schéma postural de l’adepte est imprécise (ou incomplète), car privée d’une dynamique de la conscience due à la méconnaissance de l’unité du corps et à l’inaptitude à l’observation introspective. Ainsi, dynamique, statique et aspect psycho-moteur réévalués retrouvent leur place juste, celle précisément qui correspond  à l’expression de ce schéma archaïque.

           8. L’intériorisation ponctuelle. L’analyse du nouveau schéma postural à montré toute l’importance de la plasticité de la conscience. Ni statique, ni indépendante globalement, elle doit répondre aux injonctions du yogi pour devenir propre à produire des effets, dans la mesure où ce dernier a bien intégré les phase précédentes et maintient l’âsana dans l’immobilité pendant un temps assez long, sans effort particulier mental et volitif.

9. La concentration. La concentration demande une longue, prudente, persévérante pratique, l’esprit étant particulièrement hostile à tout effort qui tend à le canaliser et à le maîtriser. L’état de non concentration, c.-à-d. de dispersion mentale de la vie profane, et l’état de concentration du yoga apparaissent comme deux dynamismes énergétiques antagonistes de base de l’être humain.

             10. L’intériorisation globale. L’intériorisation globale est à la fois :
                       – l’aboutissement, le but vers lequel tend la multiplication des expériences d’intériorisation ponctuelle par l’ajout méthodique  à son espace voisin qui de proche en proche finit par occuper tout l’espace corporel
                        – l’immersion du corps dans un état unifié par l’inflation d’un espace arbitrairement choisi pour sa position et sa nature privilégiées (le cœur par exemple)
                       – l’expérience psychique et spirituelle libératrice de silence intérieur.
               11. La découverte du rythme personnel. En réintégrant son rythme personnel originel, le pratiquant dissocie son mental des activités de son corps et acquiert une plus grande liberté pour s’adapter aux structures du monde.

Ce parcours analytique des onze phases de la posture montre la dimension réelle de l’âsana, soumettant le corps physique, énergétique, mental et spirituel à une activité interdépendante et harmonieuse où toutes les fonctions psychiques et somatiques tendent à fournir la réponse à l’expérience exploratrice de l’âsana : la communion de l’aspect connu du corps avec ses limitations, et le devenir de l’esprit, inconnu et sans limites.